Bonjour à tous, pour reprendre notre échange j’ai choisi cet article qui sur le plan polémique n’a rien de novateur mais nous interpelle sur la gestion de la vie politique par ces acteurs et leurs motivations.

En France nous avons la chance d’avoir une République qui se veut laïque donc qui renvoi les signes extérieurs d’appartenance ou de croyance à la sphère privée et aux lieux dédiés, du moins en théorie et surtout la décision religieuse au religieux.

Dans la situation décrite ci-dessous un responsable de centre droit prend une décision populiste et marquée d’un certain extrémisme pour éviter que son électorat ne parte vers l’extrême droite. Très rapidement, l’article le démontre, cette décision se révèle contreproductive car inapplicable.

L’Allemagne a la chance de na pas avoir de pacte maudit avec une communauté. Pour preuve celles qui pourrait se réjouir de la décision la désapprouvent. Elle se doit de se reconstruire après le passage du nazisme, sa scission puis sa réunification. A l’inverse de la Pologne dont je rentre qui a reçu une aide considérable pour se libérer du joug communiste des réseaux du clergé catholique polonais le paye très cher.

De plus en plus les décisions politiques des gouvernants sont émotionnelles, démagogiques et ne vises qu’à l’accession au pouvoir ou son maintien alors qu’elles devraient correspondre sur le plan sociétal à assurer la paix et la sécurité sur un territoire et sur le plan économique favoriser la création de richesse et assurer la juste répartition sociale des bénéfices. Dit comme cela c’est simple mais, cela signifie que chaque électeur effectue ses choix avec ces deux lignes directrices à l’esprit et non la défense de ses intérêts égoïstes, la tête vide de tous ses métaux mais le vau d’or est toujours debout, je le crains.

La corp électorale à les dirigeants qu’il mérite, qu’il utilise son droit de vote ou non, et réciproquement.

Dans l’avion, je lisais un dossier Hors-Série consacré à La Fontaine. Il est impossible de passer à côté « du corbeau et du renard » et de sa morale « tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute ». Seulement dans le jeu de flatteur, flatteur et demi, que se jouent politiques et électeurs la proie s’est notre liberté, à commencer par la liberté de penser, et la démocratie et si elle tombe nous savons où cela mène.  

    


En Bavière, les crucifix sèment la discorde

Le ministre-président a fait adopter une loi obligeant les bâtiments publics à accrocher une croix dans leur entrée. La mesure a reçu un accueil contrasté.

LE MONDE | 05.06.2018 à 04h22 • Mis à jour le 05.06.2018 à 10h40 | Par Thomas Wieder (Berlin, correspondant)

LETTRE DE BERLIN

Ce fut l’une de ses premières décisions en tant que ministre-président de Bavière. Le 24 avril, un mois après son élection, le très conservateur Markus Söder (CSU) a fait adopter une loi obligeant tous les bâtiments publics de la région à accrocher un crucifix dans leur entrée à compter du 1er juin. Quelques minutes plus tard, face à la presse convoquée pour l’occasion, il a choisi de montrer l’exemple en épinglant lui-même une grosse croix de bronze dans le hall d’accueil de la chancellerie régionale, à Munich. Les images ont fait le tour des journaux, des télévisions et des réseaux sociaux. Médiatiquement, ce fut une belle opération. Du moins à ses débuts.

Un mois plus tard, le bilan est en effet plus mitigé pour M. Söder. Depuis le vendredi 1er juin, la loi est entrée en vigueur. Or le fossé est assez grand entre le volontarisme affiché par le chef de l’exécutif bavarois et l’accueil pour le moins contrasté qu’a reçu cette mesure dont l’intention n’a échappé à personne à quelques mois des élections régionales du 14 octobre et alors que la CSU cherche à tout prix à éviter la fuite de ses électeurs vers le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), en plein essor en Bavière.

Les premières à se montrer réservées vis-à-vis de cette initiative ont d’ailleurs été les Eglises elles-mêmes, heurtées par les arguments brandis par M. Söder pour justifier sa décision. Selon ce dernier, la présence de crucifix dans les bâtiments publics devait être un signe de « reconnaissance de l’identité bavaroise » et de « l’expression d’une empreinte historique et culturelle » dans une région où 50 % de la population se dit catholique.

Or une telle décision ne peut que créer de la « division » et du « désordre », a estimé le cardinal de Munich, Reinhard Marx. « Ce qui compte, ce n’est pas qu’une croix soit accrochée à un mur mais que sa présence ait un sens. (...) La croix ne doit pas être utilisée comme arme contre les autres, mais elle doit au contraire nous rappeler que nous avons une responsabilité vis-à-vis de tous les hommes », a rappelé quant à lui Heinrich Bedford-Strohm, le président du Conseil de l’Eglise évangélique en Allemagne, en faisant allusion au sort des réfugiés.

Mais les autorités ecclésiastiques n’ont pas été les seules à s’indigner de l’initiative de M. Söder. Au sein de la société bavaroise, plusieurs responsables d’institutions publiques ont également décidé d’entrer en résistance. L’une des premières à exprimer son refus est Eva Kraus, la directrice du Neues Museum de Nuremberg. « Il est difficile, pour une institution contemporaine qui défend la liberté de l’art, de mettre en avant un tel signe », a-t-elle fait savoir publiquement, avant de prévenir le ministère de la culture bavarois : « Pour ce qui me concerne, je ne me sens pas le devoir d’appliquer cet ordre. »

D’autres directeurs d’établissements culturels publics ont défendu la même position. « Chez nous, aucune croix ne sera accrochée. (...) Non pas que nous ayons quoi que ce soit contre les croix, mais parce que celles-ci doivent être accrochées là où elles ont leur place : dans les églises », a déclaré Michaël Kruger, président de l’Académie bavaroise des beaux-arts.

Au sein de certains établissements d’enseignement supérieur aussi, la mesure a suscité de vives réticences. A l’université de Regensburg, une pétition en ligne contre l’accrochage d’un crucifix à l’entrée de l’établissement a ainsi recueilli plus de 50 000 signatures. Afin de calmer le jeu, le gouvernement bavarois a finalement décidé d’assouplir son projet de loi : pour les établissements d’enseignement supérieur, les théâtres et les musées, l’accrochage d’un crucifix n’est plus qu’une « recommandation » et non une « obligation ». Le 1er juin, plusieurs des institutions concernées n’avaient d’ailleurs toujours pas adopté de position claire sur le sujet.

Une semaine avant l’entrée en vigueur de la loi, le ministère de l’intérieur bavarois a par ailleurs indiqué que son application ne ferait pas l’objet d’une évaluation systématique. « Nous nous satisferons de chaque croix qui sera accrochée », a indiqué un porte-parole, avant d’ajouter, sur un ton conciliant : « Les responsables des lieux concernés doivent accrocher les crucifix comme cela leur semblera le mieux. »

Il n’en a pas fallu davantage pour que l’opposition bavaroise y voie le signe du peu d’importance, au fond, accordée par M. Söder à cette loi, réduite selon ses détracteurs à un pur exercice de communication. « Le gouvernement CSU est bien conscient que cette disposition n’est pas recevable. C’est pourquoi il n’envisage ni contrôle ni sanctions », a ironisé l’écologiste Ulrike Gote, vice-présidente du Parlement bavarois. « Söder n’accorde manifestement aucune importance au fait que ses décisions soient appliquées. Il s’est lancé dans ce débat sur la croix avec pour seule perspective l’enjeu à court terme de la campagne régionale », a estimé de son côté le chef du groupe social-démocrate au Parlement régional, Markus Rinderspacher.

Médiatiquement contrastée, l’opération sera-t-elle politiquement payante ? Pour l’heure la mesure semble en tout cas diviser assez fortement les Bavarois, qui ne sont qu’une courte majorité (56 %) à l’approuver, selon un récent sondage de l’institut Infratest Dimap. Quant à son impact sur les intentions de vote, rien ne permet de dire pour l’heure qu’il soit positif, au contraire. Dans deux études consécutives de l’institut GMS publiés le 27 avril puis le 17 mai, la CSU est passée de 44 % à 42 %, l’AfD de 12 % à 13 %.